Citations en sauvetage: les héros de 2016

Le 8 septembre dernier, la Société de sauvetage rendait hommage à 20 personnes ayant porté secours à des individus en détresse. La cérémonie s’est tenue à Saint-Hyacinthe dans le cadre du banquet du Forum annuel de la Société de sauvetage. Catherine Labonté, présidente de la Société de sauvetage, a alors remis les citations en sauvetage aux personnes présentes.

Élisabeth Plouffe et Alexandre Boucher en compagnie de la présidente Catherine Labonté de la Société de sauvetage venue leur remettre une citation en sauvetage.

Élisabeth Plouffe et Alexandre Boucher

Le travail d’équipe, lorsqu’on est sauveteur, c’est prioritaire! Une jeune sauveteuse l’a appris à ses dépens, alors qu’elle souhaitait mettre en lumière son collègue Alexandre pour un sauvetage, qu’ils ont tous deux réalisé.

Le vendredi 13 octobre dernier, Alexandre reçoit un appel sur sa radio l’informant qu’une dame au vestiaire ne se sent pas bien. La dame en question est atteinte de sclérose en plaques. Alexandre se dirige donc en direction du vestiaire. À son arrivée, la dame semble faible et est prise de spasmes. Alexandre n’hésite pas une seconde et contacte les urgences. Elisabeth, qui a été mise au courant de la situation s’assure que son collègue est en contrôle de la situation et se rend à l’entrée du complexe afin d’y attendre les ambulanciers. Quelques instants plus tard, rien ne va plus. La dame perd connaissance. Alexandre contacte donc Elisabeth sur sa radio et celle-ci les rejoint rapidement aux vestiaires. Ensemble, ils la dépose au sol et Alexandre constate que la dame ne respire plus. Sans attendre, ils entreprennent les manœuvres de réanimation. Comme la dame reprenait et perdait connaissance constamment, Elisabeth devait constamment évaluer ses signes vitaux. Elle décide donc de faire venir le DEA et découpe le maillot de la victime. Pendant ce temps, la dame a recommencé à respirer et a repris connaissance.

Myriam Côté, fièrement récompensée pour ses bonnes actions.

Myriam Côté

Avec plus de 3 à 4 interventions annuellement auprès de personnes en position d’urgence, la formation de sauveteur de Myriam lui permet de porter assistance lors de ces situations.

En 2018 seulement, et l’année n’est pas encore terminée, Myriam a porté assistance à 4 personne. Dernièrement en vacances avec sa mère à Puerto Plata, Myriam entend un homme en détresse dans l’océan. Lorsqu’elle le voit remonter et redescendre dans le fond de l’eau, elle comprend vite qu’il est en train de se noyer. Un autre homme essayait de l’aider, mais sans succès. Elle a alors lancé son piña colada sur sa mère et s’est mise à courir dans la mer et à garder le focus sur l’homme en détresse. Moins de deux minutes se sont écoulées pour que l’homme soit ramené sur la terre ferme par Myriam. L’homme a chaleureusement remercié Myriam à sa sortie de l’hôpital. Sans elle, le pire était à prévoir.

Plus tôt dans l’année, Myriam a également porté assistance à une personne qui avait été victime d’un accident de la route. Elle a extirpé du véhicule et stabilisé la victime en attendant l’arrivée des services d’urgences. Au printemps, elle a également pratiqué les manœuvres de réanimation sur un homme en arrêt cardiorespiratoire qui avait eu un malaise sur la voie publique. Elle a également porté assistance à une dame qui s’était fait frappé devant ses yeux.

Également aide aux sinistrés pour la Croix rouge depuis un an, Myriam est une force de la nature. Celle qui préfère dire qu’elle a porté assistance plutôt qu’avoir sauvé une vie est très humble face à ces exploits héroïques. Sa force, rester calme et en contrôle de ses émotions.

Anne-Julie Lessard s’est méritée une citation en sauvetage.

Anne-Julie Lessard

Avec 4 années d’expérience comme sauveteur à la ville de Québec, Anne-Julie est en plein contrôle lorsqu’elle se présente à la piscine pour son quart de travail. Même avec une piscine très achalandée, elle demeure concentrée sur la sécurité de ses utilisateurs.

Le 27 juin dernier, alors que la canicule était à son apogée, la piscine municipale de Gifford, à Beauport, a reçu plusieurs parents qui avaient décidé d’y amener leur progéniture pour s’y rafraîchir. Alors que plusieurs baigneurs se trouvaient à l’eau, Anne-Julie a remarqué deux garçons qui s’amusaient à la délimitation entre le bassin peu profond et le creux. En moins de deux, les jeunes se sont retrouvés en mauvaise posture dans la partie profonde de la piscine. La vigilance d’Anne-Julie lui a permis de comprendre rapidement qu’un de deux garçons ne savait pas nager et qu’il était en train de caler son ami en voulant s’agripper à lui. Anne-Julie a devancé le père d’un des deux jeunes en plongeant avec sa bouée.  Elle a demandé à celui qui savait nager de se rendre au bord de la piscine et elle a pu escorter l’autre enfant dans une zone hors de danger.

Yourik Norman accompagné de son oncle et de la présidente Catherine Labonté.

Yourik Norman

Le courage ne s’acquiert certainement pas avec l’âge dans le cas de notre prochain récipiendaire. Du haut de ses 12 ans, notre prochain héro n’a pas hésité une seconde pour sauver son petit frère, mettait lui même sa propre vie en péril.

Nous sommes le 1er juillet 2017 et la famille Beaudin-Noman profite d’une fin de semaine en camping sauvage au Centre d’accès à la nature d’UQAM aux abords de la rivière Archambault. Comme il avait plu beaucoup dans les dernières semaines, la rivière Archambault était déchaînée. Yourick, le grand frère, Cédrik, son petit frère, ainsi que leur cousin Zack s’amusaient sur les berges du cours d’eau. Cédrick est alors tombé à l’eau en tentant de récupérer un sac de croustille que son cousin avait lancé dans la rivière. Sans même réfléchir, Yourick a plongé à l’eau pour récupérer son frère. Les deux jeunes sont alors partis ensemble dans les rapides en faisant de bonnes descentes dans des chutes de plus de 3 mètres de haut. « Je l’ai tenu tout le long. Je l’aidais et j’étais en dessous de l’eau quasiment tout le long. Je le poussais pour qu’il garde la tête en dehors de l’eau », a mentionné Yourick quand on lui a demandé de raconter ce qui s’était passé. Il a fini par s’agripper à une grosse roche et à retenir son frère auprès de lui jusqu’à ce que leur oncle vienne les chercher, au propre péril de sa vie. En tout, ils sont restés 25 minutes dans une eau tumultueuse à 60 degrés. C’est un petit homme bien courageux qui a permis de sauver son frère d’une fin qui aurait pu être bien tragique.

Valérie Leclerc (à gauche) et Noémie Bélanger-Duschene (centre) qui reçoivent toutes deux une citation en sauvetage.

Noémie et Valérie

Nous allons maintenant remercier deux jeunes femmes qui ont choisi d’assurer la sécurité des baigneurs en devenant sauveteur et qui ont eu à vivre une situation d’urgence à l’extérieure de la piscine, au cours de laquelle ils ont pu déployer toutes leurs compétences et leurs connaissances.

Le 18 juin dernier, alors que Valérie et Noémie exécutaient leur travail de sauveteur à la piscine du Centre sportif de Gatineau, un répartiteur du centre est venu les chercher, car un homme s’était écroulé au sol en jouant au badminton. Arrivées sur les lieux en quelques secondes, les sauveteurs ont vite remarqué que l’homme ne respirait plus et n’avait plus de pouls. Valérie a alors début les manœuvres de compression. Elle a fait 4 cycles avant que le DEA ne mentionne que les sauveteurs devaient administrer un choc de défibrillateur. Noémie a donc mis les électrodes en place et c’est André, le coordonnateur du centre qui a appuyé sur le bouton. Valérie a ensuite continué les manœuvres jusqu’à ce qu’un deuxième choc ait été recommandé. C’est à ce moment que les ambulanciers sont arrivés. Avec l’aide de ces derniers et de leurs équipements, Valérie et Noémie ont remarqué que le pouls revenait tranquillement. La victime a alors été transférée à l’hôpital.

Olivier, Catherine, Sandrine et Audrey-Ann tous heureux de présenter leurs citations en sauvetage respectives.

Audrey-Ann, Catherine, Olivier et Sandrine

Il peut ne suffire que d’une simple seconde pour qu’un incident malheureux se produise. Mais grâce à leur réflexe de réaction, un homme peut désormais continuer de profiter de la vie.

Nous sommes le 23 juillet 2018, l’une des journées très nombreuses journées de canicule de l’été. Un homme, client non habituel de la piscine Rosaire-Gauthier de Chicoutimi, embarque dans l’eau juste après avoir demandé la température de l’eau à Catherine, installée sur le mirador à ce moment-là. La rotation de poste à lieu quelques secondes après. Sandrine est alors grimpée sur le mirador et commence à scruter sa piscine. Elle remarque que ce même homme semble flotter sans bouger. Elle demande alors à la dame à côté de lui de lui taper l’épaule. Alors que l’homme n’a aucune réaction, Sandrine plonge dans l’eau afin d’aller récupérer l’homme. Alors que Sandrine s’affairait à sortir l’homme de l’eau, Catherine a fait l’appel au 911 et a ensuite donné le téléphone à la caissière de la piscine afin d’aller aider ses collègues. Hors de l’eau, Catherine et Olivier ont alors ouvert les voies respiratoires et débuté les manœuvres de réanimation. Sandrine s’est occupée d’évacuer la piscine et Audrey-Ann a assuré l’arrivée des ambulanciers. Le RCR octroyé par Catherine et Oliver a été très efficace et l’homme a recommencé à respirer avant l’arrivée des secours. Il a ensuite repris ses esprits une fois installé dans l’ambulance. Nos quatre sauveteurs ont enchaîné les manœuvres  de sauvetage telle une danse réglée au quart de tour.

Catherine Labonté, présidente, remet les citations en sauvetage à Darren Kemmache et Alexia Rémillard. (Elsa et Charles-Antoine absents).

Alexia, Darren, Elsa et Charles-Antoine

Un sauvetage réussi, c’est un travail d’équipe de sauveteurs qui restent en permanence en alerte et coordonnent leurs efforts selon les enseignements reçus lors de leur formation. C’est le cas de ce quatuor qui a exécuté ce sauvetage dans les règles de l’art.

Le 7 janvier dernier, Alexia, Darren, Elsa et Charles-Alexandre sont tous à leur poste de surveillance à la piscine Laurier à Longueuil. Alors qu’Alexia scrute avec attention la piscine, elle remarque qu’une personne est immobile au fond de la piscine. Elle plonge à l’eau et remonte à la surface la victime alors inconsciente. Lors du remorquage au bord de la piscine, Alexia ne sent ni de pouls ni de respiration de la part de la victime. De l’écume blanche sort également de sa bouche. Alors qu’Elsa et Charles-Antoine s’occupent de faire évacuer la piscine, Alexia et Darren sortent la victime de l’eau et  commence les manœuvres de réanimation cardiorespiratoires. La victime est alors traversée par un violent spasme et recommence d’elle-même à respirer. Alors qu’elle reprenait ses esprits, les ambulanciers sont arrivés pour prendre le relais et transporter la victime à l’hôpital où  elle fut hospitalisée par la suite. Les jeunes sauveteurs ont par la suite appris qu’il s’agissait de sa première crise d’épilepsie. Grâce à leur travail d’équipe, leur sang-froid et leurs connaissances, ils ont évité de justesse un drame.

Nicolas, Ann-Sophie, Marianne et Laura remerciés pour leur geste héroïque.

Marianne, Laura, Nicolas et Ann-Sophie

Un groupe de jeunes sauveteurs a de quoi être fiers à Drummondville. Le 21 juillet dernier, leur sang-froid et leur travail d’équipe ont permis de sauver de la noyade un jeune garçon de 10 ans.

Marianne était à son poste de surveillance cette journée-là vers 15h30 lorsque les choses se sont mises à mal aller à la piscine publique de Saint-Joseph. Parmi la cinquantaine de baigneurs en cette journée de canicule, le corps d’un jeune garçon a été aperçu inerte au fond de la partie profonde de la piscine. Marianne a alors sans hésité sauté à l’eau pour récupérer le garçon et l’extirper de l’eau avec l’aide d’un civil. « J’ai fait toutes les manœuvres les unes après les autres. Je ne pensais qu’à le sauver » mentionne-t-elle. Alors qu’Ann-Sophie et Laura sifflaient l’évacuation complète de la piscine bondée de baigneurs, Nicolas contactait d’urgence le 911. Il a ensuite passé l’appel à sa collègue Laura afin qu’elle reste en ligne avec ces derniers pendant qu’il allait chercher le DEA et rejoindre la victime. Marianne quant à elle, s’occupait du jeune homme en lui prodiguant les manœuvres de réanimation cardio-respiratoire. Les ambulanciers sont alors arrivés pour prendre la relève. Le quatuor remercie leur formation de leur avoir enseigné les bons réflexes. Le jeune garçon de 10 ans avait sauté dans la partie profonde de la piscine sans savoir nager. Il avait momentanément échappé à la vigilance de son père. Aujourd’hui, ce jeune homme  n’a que de bons mots pour ses héros. Il n’a d’ailleurs conservé aucune séquelle de l’incident.

Vous avez été témoin ou impliqué dans un sauvetage? Remplissez le formulaire de mise en candidature pour une citation en sauvetage!


r-hawkinsRaynald Hawkins

Sauveteur depuis plus de 40 ans, Raynald Hawkins a le sauvetage et la prévention de la noyade tatoués sur le cœur. Devenu directeur général de la Société de sauvetage en 1990, c’est avec une volonté et une énergie incroyables qu’il réalise les mille et un projets qu’il a en tête. Que ce soit par le biais de fructueux partenariats ou simplement de sa contagieuse passion, il inspire tous ceux autour de lui à poser des gestes concrets pour prévenir la noyade et les traumatismes associés à l’eau. Détenteur d’un baccalauréat en enseignement de l’éducation physique et d’un M.B.A, il utilise depuis plus de 10 ans ses talents de pédagogue hors-pair à titre de chargé de cours à l’Université de Montréal, où il enseigne un cours d’enseignement de la natation et de la sécurité aquatique ainsi qu’un cours de sauvetage.